Communiqué de presse du Oui à la vie Valais,
dim. 28.11.04
Nous avons tout d’abord une pensée émue pour tous ces embryons que des gens de ce pays ont appelés à la vie et que l’on va immoler sur l’autel de la recherche au service d’un espoir aléatoire et que l’on pourrait réaliser autrement. Puissent-ils nous le pardonner quand nous nous retrouverons face à face, car nous ne savons pas ce que nous faisons aux plus petits d’entre les siens…
Pour la première fois de son histoire, en effet, la médecine va utiliser la vie d’un être humain au service de la vie d’un autre humain. Nous pouvons mesurer le chemin parcouru en plus de 50 ans si nous nous rappelons qu’en septembre 1948, l’Assemblée générale de l’Association Médicale Mondiale a adopté le Serment de Genève , dont le 8e article fut prononcé par d’innombrables jeunes médecins, disciples d’Hippocrate : je garderai le respect absolu de la vie humaine, dès la conception.
Derrière ce vote, s’ouvrait le choix entre deux philosophies et ça été notre but de le montrer par la chance d’une campagne référendaire dont le succès a été tel qu’elle a presque occulté les deux autres objets de la votation. Ainsi, il y a un humanisme qui a permis d’élever la civilisation en abolissant l’esclavage et en proclamant les droits de l’homme, entre autres. Mais aujourd’hui nous savons avec certitude que la majorité du peuple suisse a opté pour le matérialisme dont l’éthique est l’utilitarisme. Les anglo-saxons l’habitueront à peser les intérêts et à généraliser le principe que la fin justifie toujours les moyens. Quand on sait que certains de ces penseurs estiment qu’il y a une différence entre appartenir à l’espèce humaine et être une personne, nous plaignons les handicapés et les personnes âgées, car à cette pesée il ne feront plus le poids. Bonjour aussi à la médecine à plusieurs vitesses …
En cela, ce vote va marquer un tournant historique dans nos mentalités.
Nous voulons enfin remercier ce tiers de nos concitoyens qui ont refusé cette loi. Nous espérons que les colleurs d’étiquettes cesseront de nous traiter d’extrémistes, car à 33% ce n’est plus un extrême. A ce propos, nous demandons deux places parmi les 21 membres de la commission nationale d’éthique nommée par le Conseil fédéral et plutôt monocolore actuellement.
Nous demandons fermement encore que la loi sur la procréation médicalement assistée soit strictement appliquée, surtout en matière de statistiques et d’interdiction du diagnostic préimplantatoire. Que l’on sache enfin combien il y a d’embryons surnuméraires produits en Suisse par année, qu’un mandat soit donné à notre Office fédéral des statistiques ! Pour ce qui est du diagnostic, nous combattrons toutes les tendances eugéniques qui déjà se font jour pour demander une modification de la LPMA en ce sens. Il y a eu en effet 6 interventions parlementaires de la part des mêmes personnes qui constituaient le comité pour le oui à la loi votée ce jour.
Un dernier mot, sous forme de question : au cas où des thérapies efficaces pourraient résulter des recherches sur les cellules souches embryonnaires, les médecins auront-ils la précaution éthique d’indiquer à leurs patients la provenance de ces cellules et tissus ?
Patrick Progin
Président de Oui à la vie Valais
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Sciences & Santé
THÉRAPIE CELLULAIRE
Greffe de cellules souches
sur une hémiplégique
F. N.-L. (Avec AFP.)
[20 novembre 2004]
Une Brésilienne de 54 ans, victime d'une hémorragie cérébrale l'ayant laissée hémiplégique et sans l'usage de la parole, a bénéficié d'une greffe de cellules souches dans le cerveau et a recommencé à marcher et à parler en 17 jours. C'est ce qu'a déclaré hier le docteur Hans Fernando Dohmann, directeur de l'hôpital Pro-Cardiaco de Rio de Janeiro où a été testé pour la première fois ce traitement «à titre expérimental».
Les cellules souches tirées de la moelle osseuse du bassin de la patiente, ont été injectées dans son cerveau cinq jours après l'hémorragie. Les cellules souches implantées dans cette région du cerveau ont déclenché la formation de nouveaux petits vaisseaux sanguins. La revascularisation de la région cérébrale lésée a permis d'y acheminer l'oxygène et le glucose qui contribuent à régénérer les neurones.
En l'absence de publication scientifique, il convient d'être prudent face à cette annonce médiatisée au Brésil portant sur un cas unique. La patiente, Maria da Graça Pomeceno, a été montrée à la télévision montant les escaliers de sa maison et prononçant quelques mots. L'évolution naturelle de la maladie, et non la greffe, pourrait rendre compte de cette amélioration. L'expérience effectuée par l'Université fédérale de Rio (UFRJ) et le Pro-Cardiaco sur Maria da Graça Pomeceno sera réitérée sur quatorze autres personnes. Le docteur Dohmann n'est pas un inconnu dans la discipline de la thérapie cellulaire. Il avait, entre autres, publié l'an dernier un article dans la revue Circulation relatant l'injection réussie de cellules souches à des malades cardiaques.
article
notre commentaire: cette information est à prendre avec prudence, mais elle est indicative des possibilités des cellules souches adultes comme alternatives aux recherches sur les cellules souches embryonnaires qui exige la mise à mort de l'embryon humain.
Pourquoi un NON à la Loi relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires (LRCS)
Considérations scientifiques
Commençons par distinguer deux types de cellules souches: les cellules souches embryonnaires et les cellules souches adultes. Les premières sont extraites de l’embryon qui provient de la fusion des deux noyaux –celui de l’ovule et celui du spermatozoïde- et de la division en 2 cellules puis en 4, puis en 8; après cinq jours, on prélève les cellules souches tout en provoquant la mort de l’embryon. Les secondes sont extraites d’organes d’un être humain complètement formé sans lui causer de torts irréversibles. On peut aussi utiliser les cellules souches du cordon ombilical. Ces deux sortes de cellules sont capables de différenciation spécifique et ainsi de donner des organes différents. Ces deux types de cellules souches sont capables aussi, par des techniques spécifiques, mais présentant beaucoup d’écueils, de produire des cellules différenciées utilisées à des fins thérapeutiques: thérapie cellulaire, greffe tissulaire, etc. Elles diffèrent dans le fait que les cellules souches embryonnaires sont totipotentes (elles permettent de générer un corps entier) tandis que les cellules souches dites adultes ne sont que pluripotentes (elles ne peuvent générer que certains organes).
Cette distinction comporte plusieurs conséquences :
- d’abord la loi sur laquelle nous nous prononçons ne porte que sur les cellules souches embryonnaires. Il est dès lors trompeurs de ne dire que cellules souches tout court et d’utiliser ainsi les succès des recherches sur les cellules souches adultes pour promouvoir la recherche sur les autres, embryonnaires. Il est fallacieux d’énoncer l’objet du vote comme étant la recherche surles cellules souches. L’abréviation officielle LRCS est emblématique de cette façon de brouiller les pistes.
- les référendaires ne sont pas opposés à la recherche, ni même à la recherche sur les cellules souches, mais seulement à la recherche qui implique la destruction d’embryons humains. Militer pour un sport sans dopage est-ce être «contre le sport» ? Escompter une recherche scientifique sans instrumentalisation de l’être humain, à quelque stade que ce soit de son développement, est-ce être «contre la recherche» ? Etre opposé à certaines formes de recherche ne signifie nullement que l’on soit par principe contre la recherche. Distinguons la recherche légitime et honnête d’une recherche capricieuse et dangereuse qui voudrait nous faire croire que tout ce qui est techniquement possible doit être réalisé. La recherche scientifique ne doit pas faire l’objet d’un tabou: elle n’a pas tous les droits.
-cela fait près de 30 ans que l’on soigne en utilisant des cellules souches adultes humaines, puisqu’on pratique des greffes de moelle osseuse. Par contre Jacques Testart, qui est biologiste de la procréation (il est le «père d’Amandine», le premier bébé-éprouvette français) et directeur à l’Inserm, déclarait dans le Monde du 26 janvier 2004: «Pour la recherche sur les embryons humains, nul ne semble prendre en compte que cette possibilité, ouverte depuis 1990 en Grande-Bretagne (l’un des pays les mieux préparés pour de telles recherches), n’a conduit à aucun résultat d’intérêt. Il est alors bien dérisoire de décider (d’autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires en France NDLR) afin que les interdits n’empêchent pas les progrès de la science».
Tout le monde a pu lire dans la revue Polyrama publiée en décembre 2003 par l’école polytechniques fédérale de Lausanne les propos suivants : «La recherche effectuée sur les cellules souches d’embryons humains à des fins thérapeutiques provoque un débat important sur les considérations éthiques associées à l’utilisation de ce type de cellules. Des chercheurs se sont donc tournés vers d’autres alternatives, en exploitant le potentiel des cellules souches provenant d’humains adultes. Des travaux récents suggèrent que ces cellules ont la capacité de se transformer ou de s’adapter à leur environnement biologique et de s’y développer. Le professeur UNIL-CHUV-EPFL, Yann Barrandon, et son équipe, sont parmi les happy few à en avoir déjà apporté la brillante démonstration. Pour la médecine , ces recherches annoncent de nouveaux espoirs.» L’article présente leurs travauxsur la peau et l’épithélium de la cornée,quiont été publiés dans la revue prestigieuse Cell, et au détour d’une phrase on peut lire que «ces résultats sont la preuve que les cellules souches adultes constituent une source idéale pour la thérapie clinique».
D’autre part les partisans de la loi occultent quelques constats gênants. En effetil a été démontré dans les recherches sur les embryons de souris que l’utilisation de cellules souches embryonnaires présente des risques non négligeables : rejet immunitaire des cellules greffées, déclenchement de cancer, en raison des fortes similitudes entre cellules souches et cellules cancéreuses, enfin risque de transmission d’agents infectieux. Pourquoi ne pas en parler ?
Il nous paraît enfin intéressant de relever les faits suivants :
Le numéro de The Lancet du 10 juillet 2004 publie deux études prouvant l’efficacité thérapeutique des cellules souches adultes: l’injection de cellules souches tirées de la moelle osseuse répare le tissu musculaire du cœur; des cellules souches de la peau peuvent, in vitro, produire des précurseurs de cellules nerveuses, qui seraient aptes au traitement de maladies neuro-dégénératives telles que la maladie de Parkinson. D’après une autre étude, une méthode permettrait de diminuer le risque de rejet de cellules souches embryonnaires. Cependant, plusieurs commentaires dans le même numéro de The Lancet soulignent la nécessité de soutenir la recherche sur les cellules souches adultes, ce qui permet ainsi d’éviter les problèmes pratiques et les objections éthiques qu’entraîne la recherche sur les cellules-souche embryonnaires.
Il paraît ainsi indiscutable qu’il y a une alternative prometteuse, efficace et éthiquement admissible à la recherche qui fait l’objet de notre référendum et qui, elle, implique la mise à mort d’embryons humains.
Repères éthiques
Danger de banalisation
En matière de bioéthique et d’évaluation de la convenance de nos comportements, la banalisation de certaines pratiques émousse notre sens critique et le matraquage médiatique obscurcit notre conscience. La répétition, par l’habitude, rend acceptable l’inadmissible. Deux facteurs favorisent encore cette tendance. D’une part, en matière de connaissance de la réalité des choses, seules les données de l’expérimentation par les sciences physico-chimiques ont le privilège de l’objectivité, voire de la vérité, tout le reste ne relèverait que du sentiment et de la subjectivité. L’individualisme éthique, d’autre part, confère à chacun la compétence de décider de ce qui est bien; la référence est ce qui vaut pour lui; les valeurs subjectives remplacent les notions objectives de bien et de mal, entendus comme conformité ou non-conformité à la nature des choses. Ainsi la dignité humaine ne devient-elle plus qu’une affaire d’opinion.
Sans que nous nous en rendions toujours compte, cette mentalité, devenue dominante dans nos médias, entre en nous comme l’air respiré.
Manipulations du langage
Les mots ont une valeur descriptive et l’on peut mettre des mots différents sur des états différents. Ainsi parle-t-on de pré-embryon, de morula, de blastocyte, termes qui peuvent induire un glissement de sens: on laisse entendre qu’il ne s’agit plus simplement d’états successifs, mais d’autres êtres, et que nos règles de comportement peuvent alors changer à leurs égards. Il semble que ce soit cette distinction hautement contestable qui ait permis de faire adopter la loi en Grande-Bretagne.
Nous pouvons remarquer par ailleurs qu’il est beaucoup fait état que les embryons dont on veut prélever les cellules souches sont surnuméraires. On veut signifier par là qu’ils ont été produits in vitro pour combattre une stérilité et qu’ils l’ont été en même temps que les embryons qui furent implantés dans l’utérus de la maman, mais ils sont restés en réserve et n’ont pas été implantés par la suite. Ce qualificatif de surnuméraires laisse entendre qu’ils sont différents alors qu’ils sont de même nature que les premiers. Si ceux-ci étaient des êtres humains, les surnuméraires le sont aussi.
Sinon, ces surnuméraires sont voués à la destruction, nous dit-on !
Il est à noter d’abord que ces embryons n’auraient jamais dû être produits. En effet, en 2000, lors du vote sur la fécondation in vitro, quelles assurances ne nous a-t-on pas données qu’il n’y en aurait pas et que la loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA) l’interdit. Cela venait des mêmes milieux que ceux qui nous encouragent aujourd’hui à accepter ce nouveau pas et qui nous garantissent de toutes les limites et de tous les contrôles. On nous dit qu’il n’est pas possible qu’il n’y ait pas d’embryons surnuméraires, mais alors pourquoi à l’hôpital universitaire de Bâle, qui applique la loi, depuis 1997, n’y a t-il pas eu un seul embryon surnuméraire, zéro durant sept ans ? A qui fera-t-on croire que ce qui est possible à Bâle est irréalisable ailleurs ? Et même s’il devait s’en produire quelques-uns, il n’y en aurait jamais assez pour une lignée de cellules souches embryonnaires.
Pourquoi ne pose-t-on pas la question de leur destruction à ceux qui les ont produits? Il semble, en effet, que la responsabilité de ces fécondations in vitro devrait conduire à aller jusqu’au bout du projet de fécondité et d’implantation, même après des réussites. Il n’est pas juste de transférer sur nous le reproche d’inutilisation.
Enfin, s’il faut bien admettre que les embryons surnuméraires non implantés sont promis à une mort certaine, il est toutefois à remarquer qu’il ne s’agit pas d’un même acte éthique de laisser mourir et de mettre à mort, de surcroît à des fins utilitaires. Nous retrouvons ici la distinction entre le refus de l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie active qui s’applique par analogie: distinguons bien entre laisser ces embryons mourir et provoquer leur mort en voulant les utiliser.
Instrumentalisation et utilitarisme matérialiste
Pour faire court, je ne ferai que citer le philosophe allemand Kant: « Agis toujours de telle façon que tu traites l’humanité dans ta propre personne et dans celle d’autrui non pas seulement comme un moyen, mais comme une fin ».
Si l’embryon issu d’un spermatozoïde humain et d’un ovule humain n’est pas humain, qu’est-il d’autre? Son ADN serait-il autre qu’humain?
De plus, il faut distinguer les opérations pratiques du faire, qui aboutissent à la production d’une œuvre extérieure au sujet opérant (transitivité), et les opérations pratiques de l’agir, qui produisent des comportements du sujet (immanence). Les premières relèvent de l’art et de la technique; les secondes sont l’objet de l’éthique. Si la fin justifie les moyens dans l’ordre de la technique, il en va tout autrement dans l’ordre de l’éthique, et c’est ce que relève Kant. L’utilitarisme matérialiste consiste justement à tout mesurer à l’aune de la technique et de l’efficacité (qui implique l’idée de faire). C’est ainsi que l’on prend de manière absolue, pour toutes les situations, que la fin justifie les moyens. Mais alors il n’y a plus d’éthique: c’est l’impérialisme de la technique et du faire.
Prendre au sérieux l’éthique
De tous côtés on n’arrête pas de parler d’éthique, mais de quoi s’agit-il exactement ? C’est une analyse philosophique (appartenant à la philosophie pratique) qui étudie notre agir, pour mettre en évidence son ressort humain, rationnel, et pas seulement son caractère instinctif et animal (puisque nous sommes aussi des animaux).
En ce sens, ce qui est la base de l’éthique, c’est la reconnaissance de l’humain, c’est-à-dire de ce qui nous permet à chacun de reconnaître nos semblables et, par suite, de vivre ensemble (éthique sociale et éthique politique).
C’est là que nous rejoignons notre affaire : chacun de nous, s’il remonte dans son histoire et à ses débuts, a été un embryon semblable à ces petits êtres dont on veut extraire les cellules souches, justement parce qu’elles sont humaines et qu’elles donneront des organes humains.
Et nous ne voudrions pas accorder à ces embryons le statut d’êtres humains ?
C’est une attitude contraire à l’éthique parce qu’on y refuse la reconnaissance de ses semblables.
Les déclarations de Barbara Polla sur le caractère éthiquement irréprochable de cette loi, et celles d’Alex Mauron sur le caractère inapproprié ici du concept de dignité humaine sont, on le voit, des propos péremptoires et infondés.
Votons donc NON à cette loi sur l’instrumentalisation d’embryons humains.
Patrick Progin
Président de Oui à la vie Valais
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Conférence du Docteur Xavier Mirabel
A propos du vote sur les cellules souches embryonnaires
Sion, Aula du Collège des Creusets, lundi 8 nov 04 à 20 h
Xavier Mirabel, président de l'Alliance pour les Droits de la Vie, est médecin cancérologue à Lille. Il est marié et père de sept enfants.
C'est après avoir été porte-parole du « Collectif contre l'Handiphobie » au moment de l'affaire Perruche (en tant que père d’une petite fille atteinte de trisomie 21), qu'il est devenu président de l'Alliance dont il avait été délégué pour le Nord. Ce mouvement, d'inspiration chrétienne, a comme objectif de défendre les droits de la vie humaine et le respect de toute personne pour qu'ils deviennent une priorité politique et sociale. Avec des milliers de volontaires, l'Alliance pour les Droits de la Vie multiplie depuis 10 ans les campagnes nationales d'information du public et d'interpellation des décideurs pour que soient protégée la dignité humaine des plus vulnérables face à toutes les formes de violence. L'Alliance développe également des action d'écoute, de conseil et d'aide aux personnes menacées par les atteintes à la vie, elle vient en aide à plus de 100 000 personnes chaque année. L’Alliance est soutenue par 30 000 personnes.
Chef de département adjoint au Centre de Lutte contre le cancer de la région Nord Pas-de-Calais, le docteur Mirabel est impliqué en recherche clinique, investigateur dans plusieurs études évaluant l’impact des thérapeutiques innovantes dans le traitement des cancers digestifs.
Le Dr Mirabel anime un groupe de réflexion pluridisciplinaire en éthique médicale, il est chargé d’enseignement en éthique et en soins palliatifs à l’université de Lille II.
Le Dr Mirabel est coordonnateur du site internet www.sosfindevie.org (service de référence pour toutes les questions liées à la fin de la vie : témoignages, conseils, adresses et liens utiles, aide personnalisée ) et porte-parole du collectif d’associations « Vigilance fin de vie ».
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Encourageons-nous!
En fonction du 1er sondage SSR qui donne 60% de oui et 25 % de non (et 15% d'indécis), je rappelle que le 1er sondage sur la naturalisation des enfants de la troisième génération, au début septembre de cette année, il y avait 64 % de oui et le résultat fut de 52 % de NON, le 26 septembre !
Si chaque personne décidée à voter NON arrive à convaincre 1 personne qui hésite ou qui voterait oui, nous parviendrons au 50%. Il me semble en effet que les gens savent déjà, de manière inébranlable, pourquoi ils disent non; ce qui n'est pas le cas des partisans du oui. Alors encourageons-nous !
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Décision de principe ou relativisme
Tout le monde s’accorde à dire que l’éthique est une réflexion sur notre agir, à la lumière de valeurs, et qu’elle considère s’ils sont des actes humains, c’est-à-dire décidé à la lumière de notre raison et non seulement des réflexes émotionnels et purement animaux. Ainsi devrons-nous établir des principes éthiques, par exemple les droits de l’homme.
Dès lors , tout ce qu’il est possible de faire n’est pas éthiquement admissible. Des exemples? -Chiper des fruits sur l’arbre de mon voisin, parce que j’ai faim et que j’en ai envie (d’ailleurs, il en a assez); rouler lentement sur une route resserrée pour créer un bouchon. L’éthique réclame une maîtrise de soi.
Si j’ai décidé d’adopter un principe pour clarifier mes actes, je dois m’y tenir, sinon ce n’est pas un principe puisque je le relativise. Ainsi,
par exemple, si je décide de ne pas mentir, je ne peux pas considérer ensuite , au fil des situations, qu’il y a de petits mensonges que je peux m’autoriser, et les mensonges réels et graves que je m’interdirai.
Actuellement il semble que nous voulions les deux: avoir des principes et les relativiser (mais alors il n’y a plus de principes, sinon celui du relativisme lui-même et qui exige d’être relativisé!). Il y a une lucidité et une honnêteté à retrouver.
La recherche sur les cellules souches embryonnaires est un acte, et comporte dès lors une dimension éthique. Beaucoup de nos citoyens ont adopté le principe de ne pas tuer un être humain parce que c’est un semblable et qu’ils lui reconnaissent la dignité humaine (cf. notre Constitution fédérale art. 7 la dignité humaine doit être respectée et protégée). Peuvent-ils alors accepter de tuer un embryon humain parce qu’il est microscopique et très différent (mais il a un ADN humain qui programme tout son devenir et ainsi n’est pas non-humain)? Parce que le projet parental qui a présidé à sa mise en route- ä sa fécondation- n’est plus maintenu, cela change-t-il sa nature et son ADN d’être humain au point que le principe ne s’applique plus?
Souvenons-nous que le relativisme tue le principe et que nous ne pouvons plus savoir où nous arrêter.
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